Sunday, January 12, 2014

Déception

Son visage qu’une fois j’avais 
vu resplendir d’une lumière 
aussi pure que l’eau des froides 
fontaines s’était pourtant vite 
assombri. De sa joie et de sa 
douleur, que j’avais entrevues 
l’espace d’un instant, il n’était 
rien resté. Un masque pour aller,
inconnue, dans le monde, sans
rien laisser entrevoir de ce qui,
dans les profondeurs de l’être,
se dérobait, voilà ce qui était
resté de l’ancienne vérité. Déçu,
je me suis éloigné, n’en croyant
pas mes yeux. Comment me
consoler de l’avoir aussi vite
perdue, d’avoir assisté à sa
disparition ? Elle m’avait d’abord
laissé croire qu’elle avait une
âme et que son esprit, au-dessus
du vide qui toujours nous menace,
comme une étoile ne cesserait de
guider celui qui, dans son errance,
risquait la perdition. De son corps
je ne m'étais pas occupé, je l’avoue.
Mais l’âme s’étant absentée, le corps
occupait maintenant toute la place.
Qu’est-ce un corps, cependant, d’où
l’âme, seule preuve de l’être, s’est
éloignée ? Je n’arrivais pas à me
consoler de sa désertion. Pressé
par l’amertume, j’ai vite accéléré le
pas. Vaincu, je n’allais nulle part.

Johannes Edward Soice



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