Saturday, December 07, 2013

Hallucination


J’avais aperçu son visage derrière
les vitres de la fenêtre. C’était une
grande maison au bord de la route,
bordée par une forêt. J’ai voulu entrer
mais je n’ai pas trouvé la porte. De la
fenêtre ouverte elle m’a crié : il n’y a
pas de porte, je suis désolée. Et elle
m’a salué de sa main blanche. Elle
souriait. Jamais je n’avais vu un aussi
beau visage. Elle n’appartenait pas
à ce monde. La maison où elle habitait
n’existait pas non plus. C’est ce que je
me suis dit pour me consoler de l’avoir
perdue, celle qui ne m’avait jamais
appartenue. Parfois, la nuit, je crois
encore entrevoir son beau visage
blanc, elle est dehors et me regarde
par la fenêtre. Ses yeux, sa bouche
se dessinent dans l’ombre. Je l’aurais
aimée. Mais elle n’appartenait pas à
ce monde, elle est née de la fièvre de
mon hallucination. C’est ce que je me
dis pour me consoler de l’avoir perdue,
celle que jamais ne m’a appartenue,
celle que jamais je n'ai pu oublier.

J. E. Soice

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