Sunday, August 19, 2012

About talking


You wouldn't dare to talk if you didn't believe that someone - or just the person you are talking to- will understand what you say. Does that confirm Wittgenstein's concept of language-games? It applies to poetry as well. But do we take in consideration the fact that what we say may be misunderstood? Not really, I guess.

And from another perspective: do we understand what we are doing when we are talking?

Saturday, August 18, 2012

ErikSatie: Les fils des étoiles - Acte I

Get rid of it


Facebook is a little bit like God or a God's kind of substitute: you think that there is always someone there paying attention to you, interested in what you say, caring about you, loving you. Wouldn't that be a good reason to get rid of it?

Thursday, August 16, 2012

Leopardi: A Silvia

Silvia, rimembri ancora
quel tempo della tua vita mortale,
quando beltà splendea
negli occhi tuoi ridenti e fuggitivi,
e tu, lieta e pensosa, il limitare
di gioventù salivi?

Sonavan le quiete
stanze, e le vie d'intorno,
al tuo perpetuo canto,
allor che all'opre femminili intenta
sedevi, assai contenta
di quel vago avvenir che in mente avevi.
Era il maggio odoroso: e tu solevi
così menare il giorno.

Io gli studi leggiadri
talor lasciando e le sudate carte,
ove il tempo mio primo
e di me si spendea la miglior parte,
d’in su i veroni del paterno ostello
porgea gli orecchi al suon della tua voce,
ed alla man veloce
che percorrea la faticosa tela.
Mirava il ciel sereno,
le vie dorate e gli orti,
e quinci il mar da lungi, e quindi il monte.
Lingua mortal non dice
quel ch’io sentiva in seno.

Che pensieri soavi,
che speranze, che cori, o Silvia mia!
Quale allor ci apparia
la vita umana e il fato!
Quando sovviemmi di cotanta speme,
un affetto mi preme
acerbo e sconsolato,
e tornami a doler di mia sventura.
O natura, o natura,
perché non rendi poi
quel che prometti allor? perché di tanto
inganni i figli tuoi?

Tu pria che l’erbe inaridisse il verno,
da chiuso morbo combattuta e vinta,
perivi, o tenerella. E non vedevi
il fior degli anni tuoi;
non ti molceva il core
la dolce lode or delle negre chiome,
or degli sguardi innamorati e schivi;
né teco le compagne ai dì festivi
ragionavan d’amore.

Anche perìa fra poco
la speranza mia dolce: agli anni miei
anche negaro i fati
la giovinezza. Ahi come,
come passata sei,
cara compagna dell’età mia nova,
mia lacrimata speme!
Questo è il mondo? questi
i diletti, l’amor, l’opre, gli eventi,
onde cotanto ragionammo insieme?
questa la sorte delle umane genti?
All’apparir del vero
tu, misera, cadesti: e con la mano
la fredda morte ed una tomba ignuda
mostravi di lontano. 

Souvenirs des morts


Les villes sont les tombeaux
secrets de nos passions. On
y revient plus tard pour retrouver
notre passé et des larmes soudain
nous coulent sur la face. Où sont
celles que nous avons aimées,
tant aimées ? Elles sourient
encore, assises avec nous à
une table du Grillon. Elles nous
attendent, impatientes, au coin
d’une rue, pour aller au marché
faire des courses. Les maisons
sont là aussi : celle où est né
le premier enfant, celle où est
né le second enfant. Ils ont
grandi, ils habitent maintenant
dans un autre pays ; mais un jour
ils reviendront eux aussi, envahis
par des pensées mélancoliques,
chercher les lieux de leur enfance
à jamais perdue. Les murs, si on
les interrogeait, nous ramèneraient,
bienveillants, de retour aux matins
lumineux, aux après-midi chauds
dans le parc en haut de la colline,
aux soirées bruyantes de la vie en
famille. Mais nous n’interrogeons
pas. Pour oublier, nous marchons
dans les rues étroites jusqu’à
la fatigue, fermant les yeux
de l’esprit à tout ce qui peut
encore réveiller les émotions.

Une fenêtre d’hôtel nous rend
présente pendant quelques
secondes la fille américaine que
nous avons aimée, elle aussi,
avant de la perdre pour toujours.
Une fois, à Paris, nous avons erré
ensemble pendant la nuit aux
bords de la Seine, l’amour et le
désir nous brulaient le corps.
Elle vit maintenant dans un autre
continent, elle est heureuse. Mais
elle se souvient, elle n’a pas
oublié elle non plus, je le sais.

Près d’une place, à côté de la vieille
poste, les volets d’une chambre
d’étudiante où nous avons embrassé
et puis aimé tendrement la jeune fille
allemande dont le petit ami, son premier
amour, était à l’armé. Elle jouait du violon,
je m’en souviens. Où est-elle maintenant ? Et
son petit ami, le mécano, qu’est-il devenu ?

Partout les pierres dorées, les
fenêtres des maisons, les fontaines
d’où coule sans cesse une eau
limpide, les platanes et même le
pavement du Cours Mirabeau
sont pleins de souvenirs. Et
nous, qui sommes venus en
visite, arrivons au soir le cœur
rempli de tristesse, regrettant
les morts et la disparition de
ceux que nous avons aimés et qui
nous ont aimés. Et notre cœur,
attendri, se déchire de nostalgie.

Et les morts nous visitent encore
dans le rêve quand, enfin épuisés par
tant d’émotions, nous nous endormons,
inquiets, dans la petite chambre de
la Rue Vendôme, près des Thermes.

A poesia, ah!


Para escrever um poema juntei algumas palavras.
Um poema não passa disso: algumas palavras.
O problema, evidentemente, é o estilo. O que
seria um poema sem o estilo em que ele vê a
luz do dia? Nada. Parece simples. Mas não é
simples: o estilo é a dimensão metafísica do
poema. Não é necessário saber o que é o
estilo nem aspirar a ter estilo para ter estilo. 
O estilo é como a morte: não é possível
escapar-lhe. Olhei para as palavras do poema
e perguntei-me: em que traje de morto é que,
sem pensar nisso, fiz entrar o meu corpo?
Insensíveis aos detalhes da minha metafísica,
que pensariam das minhas palavras e da maneira
como as juntei os especialistas da poesia? Desin-
teressei-me da resposta. À gente do convento o
que pertence ao convento. À gente da corte os
trajes da corte. E fui dar uma volta de bicicleta.

Amour et connaissance



Il ya des gens qui souffrent à cause de l'amour. Mais pour moi l'amour a toujours été surtout une source de connaissance: il m'oblige à réfléchir.

La connaissance elle même peut provoquer la souffrance, bien entendu, car dans ce qu'on apprend sur soi-même et sur les autres tout n'est pas beau ou bon à voir ou à savoir.

L'amour et l'argent (une garantie)


Elle m’a dit: je t’aime. Je lui ai dit : donne-moi cinq cent dollars. Elle a dit : tu es fou ! pourquoi devrais-je te donner cinq cents dollars ? Je lui ai dit : c’est une garantie ; au cas où tu découvrirais plus tard que tu ne m’aimes pas, je garde les cinq cents dollars. Elle a rigolé : c’est une plaisanterie ! Mais non, ai-je répondu, je parle sérieusement. 
Écoute un peu, ai-je continué : les mots ne valent pas grand chose, on peut dire n’importe quoi et ça n’a pas de conséquences; mais on peut faire des mots qui en soi ne valent rien quelque chose qui a de la valeur, une valeur effective et pas seulement une valeur symbolique ; je t’aime, donne-moi les cinq cents dollars, nous serons heureux, je te promets. Elle restait bouche bée. J'ai continué: en plus, cinq cent dollars c'est une petite somme symbolique, ce n'est rien comparé au risque que je prends en croyant, sans preuves, que tu m'aimes.

Elle est restée silencieuse, me regardant sans savoir si je parlais sérieusement ou si je me moquais d’elle. J’ai insisté : alors, ces cinq cent dollars, tu les as, tu me les donnes ou quoi? Et j’ai ajouté : je te promets que je te les rendrai dans un an, au cas, évidemment, où tu m’auras suffisamment prouvé que tu m’aimes vraiment et que ce que tu dis en ce moment n’est pas seulement du bla bla bla romantique et poétique. Elle m’a regardé avec mépris, m’a tourné le dos (un joli dos, bronzé des dernières vacances à la plage) et elle est partie, dégoûtée. Ce qui, naturellement, m’a bien fait rigoler.

Ou bien on met de l’ordre dans notre vie sentimentale ou on ne quittera jamais l’état de sauvagerie dans lequel nous vivons actuellement en société.

The pleasure of the pain



My life was so boring that I started to think about falling in love with a girl that could not love me just for the pleasure of the pain.

Beethoven: Kreutzer Sonata (1/3)